Un commencement... ou peut-être une fin, qui sait?

Un commencement... ou peut-être une fin, qui sait?
"Et tandis que le soleil rêve derrière les nuages, elle écrit."


C'était un ciel rouge et noir, une immensité comme on en voyait rarement. Sur le port, des dizaines d'inconnus aux visages partagés entre l'excitation et la tristesse s'agitaient en tous sens. Déjà, les moteurs ronronnaient, provoquant des ondines sur l'eau sombre. Le départ s'annonçait et les derniers trainards se hâtaient de sortir leur passeport jauni par les années. Bien entendu, Il était là. Profil ténébreux à contre-jour, visage d'ombre sur fond rouge, aussi mystérieux qu'au premier soir. Mon Marin, mon mystique Marin, Poséidon des océans romantiques et jeune matelot des profondeurs. Il embarquait pour la première fois et pourtant, il semblait avoir manié la barre toute sa vie. Vieux loup de mer dans une peau d'adolescent, rêveur noyé par ses quêtes imaginaires, Il était mon héros. Oh Marin, comme tu me manques aujourd'hui... Un mois déjà que tu es parti, trente jours tous plus longs les uns que les autres. Tes yeux mer des Caraïbes sont loin désormais et ton teint d'écume doit se dorer au soleil. A moins qu'une tempête n'ait stoppé ton incroyable épopée? Raconte-moi Marin, raconte-moi tout. Ta peau a-t-elle le goût du sel? Tes cheveux de ténèbre ont-ils le parfum iodé des océans? Et ton coeur Marin, chavire-t-il au rythme des vagues insolentes? Mon ami, mon amant, mon Marin, je t'envoie cette missive comme on jette une bouteille à la mer, avec l'encre de l'espoir et toute l'incertitude du monde. Sans doute se perdra-t-elle dans les fonds océaniques, sans doute ne t'atteindra-t-telle jamais. Mais Marin, dis-moi seulement comment pourrait-elle atteindre un rêve? Toi qui n'as ni nom ni visage, toi qui n'existes pas... Je voulais juste mettre mes mots sur ta bouche.
Rêve marin, Emy (c)



"Tout ça n'a aucun sens... comme toi, comme vous, comme moi."




# Posté le mercredi 10 septembre 2008 08:46

Modifié le mercredi 10 septembre 2008 09:01

Quoi qu'il arrive, n'oublie pas de penser à moi.

Quoi qu'il arrive, n'oublie pas de penser à moi.
"Cette fille, regarde-la bien car il n'y en aura plus d'autres..."


Elle jouait à la star devant son miroir; gloss et mascara pour le plaisir, cocaïne et puis vodka pour le délire. Quand elle regardait le ciel, elle s'y retrouvait toute entière, un masque d'étoiles et de noir, de l'ombre à la lumière. Mais petite fille trop rêveuse, petite fille orgueilleuse, ne vois-tu pas que le soleil se lève? Enlève ce sourire narquois de tes lèvres, cesse donc de monter toujours plus haut, tu risquerais de t'y brûler les ailes. Insolente et cupide, ni innocente ni stupide, quel est donc ce petit jeu malsain auquel tu t'adonnes? "Amour et ambition à en perdre la raison", voilà le cocktail explosif de ta jeunesse sans limite, petite fille attention... il serait regrettable de troquer ton auréole pour une fourche de démon. Elle jouait à la star devant son miroir, façon "Amy Winehouse" à la télévision.

Elle, Emy (c)



They tried to make me go to rehab,
I said no, no, no
Yes I've been black but
when I come back,
you'll know, know, know.

I ain't got the time
And if my daddy thinks I'm fine
You've tried to make me go to rehab
I won't go, go, go.

# Posté le mercredi 10 septembre 2008 10:45

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 18:39

Chaque sourire cache un secret... non?

Chaque sourire cache un secret... non?
"C'est l'histoire d'un clown triste, d'un clown seul,
d'un clown haut en couleur.
Oubliez les mouchoirs, ici on se console avec les cotillons."






Les yeux peints de larmes, le sourire ensanglanté et les cheveux bleu délavé, il était beau le clown. Du rouge pour l'amour, du blanc pour le mortuaire, du vert pour le glauque et du noir pour la mélancolie, il était jovial le clown. Tout trempé sous cette pluie battante, tout chétif sous les regards indifférents des enfants, il était seul le clown. Un rictus figé, deux prunelles profondes et sombres comme l'enfer, des chaussures bon marché et bien trop grandes, il était ridicule le clown. C'est son nez couleur amour qui m'a d'abord attirée. Il faut dire que sur son visage de pierre tombale, on ne voyait que lui. Je les ai aimés de suite lui et sa chevelure usée. Et tandis qu'il souriait pour mieux pleurer, j'ai saisi sa main gantée. Mais c'était trop tard, sous mes pieds, il ne restait déjà plus qu'une flaque colorée... mon triste clown s'était évaporé. Ainsi s'achève la noire histoire d'un clown mélancolique, d'un homme au sourire toujours radieux, d'un alcoolique.

Mon Clown, Emy (c)


# Posté le mercredi 10 septembre 2008 16:09

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 16:46

Quand le secret n'en est plus un.

Quand le secret n'en est plus un.
"Même la morale parle pour eux."

Allez viens, on s'en va! Je t'emmène loin de tous ces gens, de toutes ces rives. Nous ferons la routes les yeux fermés, tels deux aveugles en danger. Ni lumière ni ombre, juste un vide interminable pour nous engloutir. Allez viens, je m'en vais! Attrape ma main et fuyons comme deux évadés! Ni barreaux ni prison, rien qu'une étendue de liberté. Et si la pluie veut nous noyer, et si la terre veut se briser, fais-moi confiance. Allez, suis-moi jusqu'au bout du monde, je te le demande. Nous traverserons tempêtes et brasiers, même le temps qui passe ne pourra nous entraver. Cours donc plus vite car, déjà, la voile est hissée. Allez viens, je m'en vais. Puisqu'ils savent, puisqu'elle sait, il ne nous reste plus qu'à fuir. Viens mon amour, puisqu'il nous faut désormais partir...

Amants, Emy (c)

# Posté le vendredi 12 septembre 2008 17:33

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 16:55

Certains mots peuvent en cacher bien d'autres... ce n'est qu'un éternel jeu de séduction.

Certains mots peuvent en cacher bien d'autres... ce n'est qu'un éternel jeu de séduction.
« Vous êtes fourbe mon ami, vile et exténuant. Vous ne cessez de geindre pour un rien et pire que tout, vous lâchez prise à chaque instant. Pourtant, votre volonté à pavaner est bien plus solide que le colosse antique, ne vous a-t-elle d'ailleurs pas aider à essuyer remarques et insupportables déceptions? Malhonnête personnage, vous prêchez l'innocence alors que sous cape se tapit un malin roublard, horreur que voilà! Les plus naïfs s'y sont laissés prendre mais pas moi! Oh non, pas moi mon cher! Votre terrible passé? Sottise et balivernes! Il est bien aisé de s'inventer mille et un malheur afin d'inspirer la pitié... Et pour une fois, vous avez réussi votre tour comme un maître! Car, oui, vous êtes pitoyable. Chat de gouttière revendiquant un pédigrée, monstre auréolé, vos masques et faux semblants ont fait leur temps, le moment est à la sincérité! Et puisqu'il faut bannir le mensonge, ma parole sera voix d'authenticité. Vous n'êtes qu'un ignoble illusionniste, le trognon pourri dans le jeune verger, un être infâme et dénué de tout sentiment saints et pour ça, je vous hais. Ma haine est si grande qu'elle en devient exécrable, accablante presque... Vous êtes prince de mes pensées, de mes envies et de mes dégoûts. Tout ce que j'accomplis, je le fais en fonction de vous. Et ci ce n'est pas l'adoration qui me ronge, l'aversion que je vous porte est tout aussi destructrice. Une fois de plus, vous avez réussi.

Postscriptum: vous avez éveillé en moi un sentiment meurtrier... les romantiques l'appellent "amour", choisissons la voie de la raison et nommons-le "auto-destruction". »

Missive à l'imposteur, Emy (c).

# Posté le dimanche 14 septembre 2008 16:24

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 16:38