« Vous êtes fourbe mon ami, vile et exténuant. Vous ne cessez de geindre pour un rien et pire que tout, vous lâchez prise à chaque instant. Pourtant, votre volonté à pavaner est bien plus solide que le colosse antique, ne vous a-t-elle d'ailleurs pas aider à essuyer remarques et insupportables déceptions? Malhonnête personnage, vous prêchez l'innocence alors que sous cape se tapit un malin roublard, horreur que voilà! Les plus naïfs s'y sont laissés prendre mais pas moi! Oh non, pas moi mon cher! Votre terrible passé? Sottise et balivernes! Il est bien aisé de s'inventer mille et un malheur afin d'inspirer la pitié... Et pour une fois, vous avez réussi votre tour comme un maître! Car, oui, vous êtes pitoyable. Chat de gouttière revendiquant un pédigrée, monstre auréolé, vos masques et faux semblants ont fait leur temps, le moment est à la sincérité! Et puisqu'il faut bannir le mensonge, ma parole sera voix d'authenticité. Vous n'êtes qu'un ignoble illusionniste, le trognon pourri dans le jeune verger, un être infâme et dénué de tout sentiment saints et pour ça, je vous hais. Ma haine est si grande qu'elle en devient exécrable, accablante presque... Vous êtes prince de mes pensées, de mes envies et de mes dégoûts. Tout ce que j'accomplis, je le fais en fonction de vous. Et ci ce n'est pas l'adoration qui me ronge, l'aversion que je vous porte est tout aussi destructrice. Une fois de plus, vous avez réussi.
Postscriptum: vous avez éveillé en moi un sentiment meurtrier... les romantiques l'appellent "amour", choisissons la voie de la raison et nommons-le "auto-destruction".
»Missive à l'imposteur, Emy (c).